La Littérature au coeur

Bilan d'une nuit

Prose passionnelle

à l'amour de ma vie

 

illustration

Bilan d'une nuit

Mais il pleut.
De longs doigts enlacés autour d'un mauvais verre. Des rires qui retentissent, qui crissent et qui font plus mal, beaucoup plus mal que les larmes noyées dans le vilain bourbon.
La chambre est petite, et sale, et terne. Seule la vue: la mer. Mais l'aveu amer de...
Toute une vie, la première, chaque seconde qui... Presque un quart.
Il fait chaud,  et les tissus volent. Et les membres tremblent. Hypocrites qui veulent croire, pas aussi coupables, alors. Se faire du bien à se faire mal. Se faire du mal à se faire du bien, encore? encore? et encore... Corps à corps, et en choeur.
Et la nuit qui passe. Rouge. Une nuit rouge, oui, brûlante où l'avant est revécu, redit, repensé, rétabli. Réduit à des regrets. Une nuit vermeille. Une nuit où le sang brûle. Le coeur qui cogne, les peurs qui grognent. Le monde sans...? Comment? Pourquoi? Parce que... On ne sait déjà plus. Et le liquide, au fond du verre, qui tourne, tourne comme la pièce. Lourde, quelle ivresse. Fièvre et liesse.
S'avilir. Plus qu'avant. Avant jamais, non. Se découvrir dans le sale. Et le sombre. Un peu moins terne. Apprendre à se mordre, et se griffer. Mais pas pour jouer. Le ventre crispé. Plus jamais de plus tard. Maintenant frapper à se mordre, et se griffer, et se tirer les larmes et le sang. A jouir.
Attendre. attendre de ne plus pouvoir. De ne plus vouloir. Céder enfin. Dire: je n'ai jamais été autant à toi. Que maintenant que je ne le serai plus. Et rire de folie, parce que nos tripes y croient, encore. Elles. Faire comme si. Pas semblant, non, comme si. C'est pas pareil. Le lit. Le mur. Fissure. Le sol. Nos liens. Comme la carapace que l'on a mit tellement, tellement longtemps à construire et qui fond pour rien maintenant.
Ricanements de... « Je le savais ». S'envoyer à la figure des paroles en l'air, mais pas tant que ça. Aimer se mettre à nus. Aimer son maître. En l'autre. Encore une fois. Toute dernière fois. La moiteur des mots. Tragédie pathétique et mortifère de l'avenir. Comment se respecter après... Et pourtant.
S'oublier dans le néant d'une petite mort. Nuit violente, nuit de rage.
Et la mer, dehors. Il pleut, dedans. Nuit d'orage.
 
 
nue

 
 
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