Les arrivantes
Prose poétique
A ma mimine, à Paris, et à ceux qui ont fait notre Paris...
Et doucement, comme sur la pointe des pieds, pousser les portes qu'on nous ouvre; ne pas s'arrêter voir, et réfléchir, au chemin qu'on emprunte. Juste se laisser glisser, entraperçues par ceux qui nous laissent passer. Passionnées, rire et jouir de la facilité à exister ici, comme si tout était naturel, et ces couloirs existant pour nous, pour nous y emmener.
Se laisser guider par l'écho de nos pas, qui retentit devant nous; alors se mettre à courir, échevellées, et à gorge déployée. Pour jouer, tout simplement à se perdre dans le labyrinthe: alors qu'il n'en est pas question, puisqu'il ne s'enroule en méandres compliqués que pour nous conduire là où la vie veut du bien.
Et saluer encore, les hôtes que l'on rencontre, parce que la ville les a déposés sur ses pavés pour nous souhaiter la bienvenue et nous faire des promesses, à nous les arrivantes. Et voir dans leurs regards ces serments-là, ceux qui n'engagent à rien qu'à la douceur de vivre, comme si, leur vie d'avant, n'avait été qu'attente. Comme si, la ville d'avant, n'avait été que somnolente.
Le sentiment, partout, toujours, derrière chaque pallier franchi, d'avoir été espérées. Et d'avoir été trouvées, aussi. Vivre le dédale non comme un chemin de croix, mais comme. Comme une croisée des chemins, un carrefour de vies, où chaque choix serait le bon, toujours.
Pleurer tout de même mais pleurer de surprise, sans peurs ni espoirs ereintants. Oublier que l'on a été ailleurs, avant, parce qu'on est arrivé à destination, derrière une porte à nous,
les arrivantes.
Par Rimmel, Dimanche 28 Octobre 2007 à 16:36 GMT+2 dans La main (qui écrit) (article, RSS)




