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Apnée en digressions

Phrasé II: La technique change...

 

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Apnée en digressions

    Ils, numéro un, un grand garçon maigre et brun dont les côtes saillaient -Pardonnez-moi ce blasphème- comme celles des statues représentant le Christ agonisant sur la croix, et numéro deux, plus rablais celui-ci, les cheveux très noirs -mais les cheveux il faut le dire, paraissent toujours plus foncés lorsqu'ils sont mouillés, et il avait la tête dans l'eau- les trapèzes surdéveloppés -je dois avouer que je ne sais pas quel sport peut donner un résulat pareil, le rugby peut-être, ou le trapèze justement? À voir- en masque et tuba, décidèrent de descendre voir si de jolis poissons, si possibles multicolores et phosphorescents comme ceux des îles lointaines du très mal nommé -tous les grands marins qui ont sillonnées les mers du globe vous le diront- océan Pacifique qui se cachent dans les récifs de coraux fins comme de la dentelle, nageaient dans les grottes peu profondes des calanques méditerrannéènnes, où numéro un et numéro deux passaient leurs vacances de juillet, comme chaque année d'ailleurs depuis leur enfance pas si lontaine que cela (ils devaient avoir entre quinze et dix-sept ans pour numéro un et peut-être la même chose avec deux ans de plus pour numéro deux) car leurs grands-parents avaient une très belle résidence d'été, bastide du XVIIIème siècle toute de pierre et de terre, sur un immense jardin planté d'oliviers, et de pins, bien sûr -comme il se doit pour les maisons de touristes puisque cela fait beaucoup moins couleur locale si on n'entend pas les grosses cigales du cru pendant le pastis de l'apéritif ou la partie de pétanque d'après la sieste- avec vue sur la mer, près de la jolie ville de Cassis, maison qu'ils avaient achetée une bouchée de pin -de pain, pardon- pendant les années cinquante, et qui était devenue le lieu de rendez-vous annuel de tous les cousins et cousines, oncles et tantes, frères et soeurs etc... que comptait la famille, mais qui ne se rencontraient pas tous d'ailleurs, car comme chacun sait, sur la Côte d'Azur, on retrouve tous les ans les mêmes têtes en juillet puis les mêmes têtes en aôut: comme on ne mélange pas les torchons et les serviettes, juilletistes et aoûtiens se croisent mais ne se rencontrent pas -bien qu'ils se suivent et se ressemblent, soit dit en passant- mais déjà, le court tuba était devenu inutilisable, de l'eau salée s'infiltrait sous les masques et dans les nez,  et à moins de trois mètres de profondeur, les pauvres petits commençaient à s'étrangler, à suffoquer, et remontèrent donc en flèche respirer le bon air iodé, la tête hors de l'eau, battant des palmes, juste à temps car l'un comme l'autre était à bout de souffle.

 

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