Scènes I. Extérieur jour : Eros et Arthémis
« Scènes » un ensemble de 5 courtes nouvelles, comme autant de tableaux : 1 Extérieur jour, 1 extérieur nuit, un indéfini onirique, 1 intérieur jour, et 1 intérieur nuit …
Eros et Arthémis en est le premier texte.
Eros et Arthémis
Au loin, très loin, des cris d’enfants, à vélo sûrement, des aboiements de chiens heureux, mais surtout les oiseaux, le crissement des herbes jaunies, séchées, les cigales assourdissantes et le Mistral en bourrasques parfois.
Le soleil qui cogne, assomme, lorsqu’il se fraye un chemin entre les branches.
Ta main dans la mienne au-dessus de ma tête, à même la terre assoiffée. Ta bouche contre la mienne, à même le sol brûlant.
Un murmure au creux de mon oreille « Je t’aime ». Une réponse sussurée en un souffle entre tes lèvres, nous sommes entourés de nos vêtements épars. Il fait chaud, c’est l’été et je meurs d’avoir plus chaud encore.
Moites de ce mois de juillet, nos caresses se font glissantes, je suis du doigt une larme de sueur, de ton cou à.
Je me désaltère à l’humidité âcre de ton corps, me repaît de ta chair alourdie par cette journée de canicule, te dévore d’être si beau et tellement à moi.
A quelques mètres, au-delà des fourrés, le pas lent de chevaux, les voix des cavaliers qui ne nous savent pas.
Ton doigt sur mes lèvres exige le silence, ton sourire ma complicité, pendant que tu t’efforces de faire de mon obéissance une gageure.
Nous entend-on, mon amour ?
Seulement les craquements indistincts de notre lit inconfortable de branchettes et de fleurs, le bourdonnement de quelques abeilles.
Mes yeus deviennent flous, mes dents impriment leurs marques à mes lèvres, un dernier soubresaut de mon bassin. Tu me suis bientôt, dans l’épilogue de nos amours champêtres.
Par Rimmel, Dimanche 28 Octobre 2007 à 17:09 GMT+2 dans La main (qui écrit) (article, RSS)




