Gourmandises II - Un parfum de Vanille
« Gourmandises » est un cycle de six nouvelles qui jouent avec mes deux péchés capitaux préférés...
Un parfum de Vanille est le deuxième texte...

Un parfum de Vanille
(Souvenirs baudelairiens?)
Allongée, rideau tiré, dans le petit lit sombre d'un wagon couchette.
Nue sous la douce couverture, et j'entends la respiration régulière et paisible de la passagère
sous moi. Croisée à l'heure du coucher, effleurée par ses cheveux noirs dans l'étroit couloir...
Chevelure aussi ténébreuse que l'obscurité qui m'entoure, parfumée de vanille.
La couverture se fait natte défaites, et c'est dans ses mèches que je m'enroule, ce sont ces pointes qui chatouillent délicieusement les fossettes de mon ventre.
Son visage? Comme ses mains. Enfoui sous cette épaisse masse brune qui pare cette cage de tissus d'un parfum d'île lointaine, de gourmandise et de chaleur torride d'un été qui ne finit jamais.
Enfoui tout contre ma blondeur.
Mais elle dort. Elle dort et ne saura jamais mes doigts qui tortille une mèche, ma main qui empoigne la racine de ses cheveux pour la faire me regarder, l'odeur d'ambre de ma sensualité et.
Je ne dors plus, ne pourrai pas, elle gémit dans son sommeil, et murmure, doucement, un nom, se retourne sur elle même.
Une bouffée de douceur me frappe de nouveau au visage et m'entraîne sur une plage dorée en plein midi, quelques alizées seulement qui portent le sucre de sa peau -jusqu'à ma bouche.
Et j'ai envie, affamée, de me gorger de ce soleil et de ses caresses, de ces cheveux à l'odeur de dessert, oublier mes lèvres frémissantes dans leurs lourdes ondulations, déguster, dévorer ses mèches rebelles, folles, comme l'on déguste, dévore, un exquis fruit exotique.
A la vanille de sa chevelure, je réchauffe ce soir d'hiver où je n'arriverai pas à dormir, allongée dans le petit lit sombre d'un wagon couchette.

Par Rimmel, Dimanche 28 Octobre 2007 à 17:16 GMT+2 dans La main (qui écrit) (article, RSS)




