Le portrait de Dorian Gray - Oscar Wilde
L'auteur en préambule:
Connu comme le type même du Dandy du XIXème, Oscar Wilde (1854-1900) fut tout au long de sa vie un provocateur raffiné. Fils d'un chevalier et d'une poétesse irlandais, jeune homme déjà brillant, il crée le Mouvement de "L'Art pour l'Art" à 24 ans, après la parution, distinguée par le "Newdigate Prize", de son poème sur Ravenne. Mais ce fut Le portrait de Dorian Gray qui lui ouvrit les portes de la célèbrité littéraire en 1890, soit un an avant sa rencontre d'avec Alfred Douglas qui entraînera le scandale Queensberry (Le père de son amant lui intenta un procès pour homossexualité qui lui valut 2 ans de travaux forcés!). Il s'exila ensuite en France, mais ne se releva jamais de se déchéance et mourut dans la solitude et la pauvreté.
Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray, Paris 1972 éd. du Livre de Poche.
Dorian Gray est un jeune homme d'une beauté extrème, au point que son ami artiste
peintre, Basil Hallward, en est obsédé, en tire toute
son inspiration. Il en fait un jour
un portrait qui se révèle être la plus belle de ses œuvres, au point qu'il ne souhaite pas l'exposer.
Mais Dorian va faire la connaissance de Lord Henry dit Harry, un ami de
Basil., homme pervers et manipulateur.
Dorian se laisse séduire par cet homme sombre et ses théories sur la jeunesse et le plaisir. Dès lors, Dorian souhaite que le tableau vieillisse à sa place pour
qu'il garde toujours sa beauté d'adolescent, susceptible de tout lui permettre. Il tombera alors amoureux d'une comédienne, Sybil Vane,
à qui il promettra le mariage. Mais l'amour empêchant la jeune femme de bien jouer, Dorian
la quitte cruellement: elle s'en suicidera. Il remarque alors que le portrait s'est
empreint à sa place d'une expression de cruauté et comprend que son vœu
a été exaucé: il ne vieillira pas.
Malgré un sujet très fort, qui ouvrait à de fascinantes perspectives (le thème du double, par exemple, ou la passionnante évolution psychologique du personnage ), j'ai trouvé ce roman décevant. Soit, l'écriture est maîtrisée, le style est bon, cela sauve le livre, mais. Descriptions et références à n'en plus finir, histoire manquant de profondeur... j'ai été très déçue par cette oeuvre habituellement présentée comme un chef-d'oeuvre: «Dire qu'un livre est moral ou immoral n'a pas de sens, un livre est bien ou mal écrit c'est tout.» ( Oscar Wilde - Extrait de Le Portrait de Dorian Gray)... Non Oscar, un livre et bon ou pas... C'est différent!
"Ainsi tu crois qu'il y a seulement Dieu qui voit les âmes, Basil ? Ecarte le rideau et tu verras la mienne. Il avait, prononcé ces mots d'une voix dure et cruelle. - Tu es fou, Dorian, ou tu joues, murmura Hallward en fronçant les sourcils. - Tu ne veux pas ? Alors, je vais le faire moi-même, dit le jeune homme qui arracha le rideau de sa tringle et le jeta par terre. Une exclamation d'horreur s'échappa des lèvres du peintre lorsqu'il vit dans la faible lumière le visage hideux qui lui souriait sur la toile. Il y avait quelque chose dans son expression qui le remplit de dégoût et de répugnance. Grands dieux ! C'était le visage de Dorian Gray qu'il regardait ! L'horreur, quelle qu'elle fût, n'avait pas encore entièrement ravagé sa stupéfiante beauté. Il restait encore des reflets d'or dans la chevelure qui s'éclaircissait et un peu de rouge sur la bouche sensuelle. Les yeux bouffis avaient gardé quelque chose de la beauté de leur bleu. Le contour des narines et le modelé du cou n'avaient pas encore perdu complètement la noblesse de leurs courbes. C'était bien Dorian. Mais qui avait peint ce tableau ? Il lui semblait reconnaître son coup de pinceau. Quant au cadre, il était de lui. C'était une idée monstrueuse et pourtant il eut peur. Il prit la chandelle allumée et la tint devant le portrait,Son nom figurait dans le coin gauche, tracé en longues lettres d'un vermillon brillant."
Par Rimmel, Samedi 3 Novembre 2007 à 18:53 GMT+2 dans L'oeil (qui lit) (article, RSS)





