La Littérature au coeur

L'écritoire #1 : Des sens et d'essences - Vos textes

 

Avant toute chose,

un grand merci aux participants!

N'oubliez pas que vous avez jusqu'au samedi 1er décembre à 20h pour me faire parvenir vos textes,
(pour cela, cliquer ICI!)

Et rendez-vous pour L'Ecritoire #2
le Dimanche 2 décembre à 20h!

 

Genre  Titre AuteurAdresse blog/site 
  •  Texte N°1
Nouvelle Arborescence Hauteclaire

http://hauteclaire.mabulle.com/

http://la-legende.mabulle.com/

  •  Texte N°2
 Prose poétique
 Peau pourrie Naninax http://naninax.mabulle.com/
  •   Texte N°3
Poème  Sasha http://sasha.mabulle.org/
  •   Texte N°4
Poème Un son sucré
  Lou18 http://titeshistoires.mabulle.com/
  •    Texte N°5
 Nouvelle Contre-sens Benoty 
  •  Texte N°6
 Nouvelle Sens dessus dessous
 Louise http://nouvelles.mabulle.com/

 
 

L'écritoire #1
a
Des sens et d'essences
a
Vos textes

 

 I. Arborescence, par Hauteclaire

Une excellente nouvelle qui réussit à mêler les trois sujets!
Astucieux autant que drôle, où certaines trouvailles ont vraiment piqué mon intérêt (ô! "molletonné de saveurs"!), et où la poésie n'est pas absente ("un toucher violet de froid")... pas plus qu'un vécu universel! ;-)
Bonne lecture à vous, Et régalez-vous!

Rimmel 

 

Il m’est arrivé une chose curieuse la semaine passée. A vous de juger quel sens lui donner.
J’étais partie juste après le travail, dès que la décence me l’avait permis, vers trois heures de l’après midi, pour aller en Normandie, répondant à l’invitation de mon amie de toujours, Liliane, et de son mari, qui venaient de finir la restauration de la maison achetée quelques mois auparavant. En fait de maison, les photographies envoyées par mail, m’avaient montré une construction ancienne, de celles que l’on qualifiait de gentilhommières à l’époque où elle avait été construite, c’est à dire au dix huitième siècle. Pas plus de deux étages pour un corps de bâtiment en carré, entourant un vaste espace intérieur transformé en jardin par les soins de Liliane, clos par une porte en ogive, flanquée de deux tourelles à toits pointus, le tout en pierres gris-blanc, courantes dans le pays.

Mes amis l’avaient rachetée au propriétaire précédent en assez mauvais état, et de nombreux corps de métier s’étaient succédés pour lui redonner son lustre, sans compter les efforts de Liliane et Jean pour de nombreux travaux. Ils voulaient donc pendre dignement la crémaillère, et les invitations avaient été lancées. Je devais les rejoindre, passer la nuit dans leur manoir, et comptais le jour suivant, le dimanche, pousser jusqu’à la côte pour voir la mer.
Il y avait bien longtemps que je n’avais respiré les eaux gris vert, et la vue saline de la Manche me manquait. Je voulais tâter des vagues, en un toucher violet de froid unique en son genre. C’est donc avec enthousiasme que je me mettais au volant, plein d’essence fait, un sac de voyage comme compagnon de route.

Paris pas encore trop encombré à cette heure fut vite traversé, tournant le dos à l’hôtel de Sens, la sortie et le périphérique se firent sans trop de difficultés, et je me retrouvais bien vite dans le flot des voitures du tronçon d’autoroute dans le sens province. Les banlieues tristes furent dépassées, sortie des Mureaux , attention aux contrôles de vitesse, fréquents à cet endroit,  la presque campagne, avec ses petits bourgs aux noms fleuris, et enfin tout à fait la campagne, émaillée de champs multicolores en ce début d’automne, comme bien peignés, dans un sens puis l’autre, par les sillons des engins agricoles.

J’entrouvrais la vitre, respirant avec bonheur l’odeur verte de la nature, sensation oubliée dans l’air raréfié des bureaux de la capitale, où le sens olfactif se perd peu à peu au contact transparent de l’air conditionné.

Liliane m’avait envoyé un plan, des noms de villages à traverser avant d’arriver, le tout très étudié et précis, conclut par un : tu verras, « c’est très simple à trouver, la maison se voit de loin, tu n’as qu’à suivre la nationale, et tourner à … »

C’était peut-être simple, sûrement même, mais il suffit d’un embranchement manqué pour se retrouver là où le plan s’arrête. Il y avait bien une forêt à traverser avant d’arriver à cette vaste étendue plate, où le manoir dressait ses murs, c’était prévu, ce qui l’était moins, c’était de tourner en rond, sur de petites routes, puis des chemins de terre, sans arriver à en sortir. De loin cette forêt m’avait paru un simple petit bois d’essences ordinaires, et non ce dédale feuillu, où résonnait le son sucré du chant d’un quelconque coucou.  Je finis par décider de retourner dans le sens inverse, pour tâcher de reprendre la bonne direction, et après une manœuvre périlleuse, je partais vers ce qui me semblait être la route que j’avais empruntée. Je ne fis que m’égarer davantage, et commençais à être vaguement inquiète, le jour déclinant doucement, le goût aigu de la peur s’infiltrant dans ma bouche soudain sèche.  Enfin, je pris un tournant qui devait me remettre sur la nationale, semblait-il, et là, je me retrouvais devant une voie à peine tracée, barrée par un panneau de sens interdit.

J’arrêtais le moteur, médusée par la présence de ce superbe panneau, flambant neuf, qui paraissait cligner de l’œil pour me narguer, planté au beau milieu d’un chemin inexistant. Quelle décision préfectorale ou autre non sens, avait bien pu ordonner une telle mise en place ? Du coup, je descendis de voiture, oubliant la prudence pour toucher du doigt l’improbable métal de ce digne représentant de l’ordre circulatoire. Je m’approchais, humant quelques minutes le bouquet sévère de la loi, essayant de deviner ce que le panneau interdisait. On ne voyait rien de plus qu’un chemin, se terminant en cul de sac sur des arbres impassibles.

A ce moment, j’entendis le son rouge sang d’un cor de chasse, et vis dans les fourrées l’éclair  musqué d’une robe brun roux, et les bois d’un cerf courant. Je n’avais aucune envie de me retrouver prise dans une chasse, aussi remontais-je précipitamment, pour me remettre en route. Cette fois la chance me sourit, et je finit par me retrouver à la nuit tombée, devant un feu de bois, répandant une senteur d’encens, racontant mon histoire à Liliane, un verre d’un vin de grand cru à la main, crémaillère obligeait, à l’arôme puissant et velouté, montant jusqu’à mes narines en volutes chaudes, comme molletonnées de saveurs,  pendant que les autres invités discutant, créaient un brouhaha joyeux.

« Quel panneau » s’est esclaffée Liliane, Je connais bien cette forêt, et elle est toute petite ! Personne n’aurait l’idée d’y mettre un panneau, pour interdire quoi ? Parisienne, qui ne sait pas se diriger hors de la ville »  me railla t-elle en riant.

Quant à une chasse à courre, dans ce mouchoir de poche, ce serait difficile. Ton fameux sens de l’orientation en a pris un coup aujourd’hui ! »

J’ai préféré ne pas insister, mais pendant la nuit, le panneau et sa couleur vive ont traversé mes rêves, me laissant un trait écarlate en mémoire.

*** 

Pour lire Hauteclaire, rendez-vous sur  http://hauteclaire.mabulle.com/ et sur http://la-legende.mabulle.com/

 Merci à vous, Geneviève!

______________________

 

 II. Peau pourrie, par Naninax

Un très beau texte, très poétique; parfois hors des sujets- mais c'est ça, aussi, qui est beau et bon! Tout à fait dans la thématique toutefois, les sens sont convoqués, -invoqués, également.
Balade languissante et sonore à la chute que je dirais presque balzacienne... Mais je me tais et laisse la parole à Naninax
Bonne lecture... et profitez-en!
Rimmel

 

 Yeux chocolat, cheveux réglisse, je la dévorais du regard, dur et hagard.

Sa bouche cristalline aux échos capiteux murmurait quelques frissons à ma peau.

Je l'imaginais me frôler de son parfum envoûtant, odeur molletonnée sur laquelle je me laisserai glisser, m'absorbant dans le coussin voluptueux de sa souveraineté.

Cette lascive avait les formes qui font perdre le sens des mots et du convenable, laissant ces interdits aux aveugles bégueules.

Elle préférait tenir la séance plutôt que le bon sens, et c'est dans le sien que je me risquais à perdre, panne d'essences.

Sans un mot ni sursaut, elle me guida du bout de l'envie dans un dédale à peine plus profond que celui qu'elle avait creusé dans mes tréfonds.

Je l'avais en quelques secondes élevée au rang de déesse ravageuse, lorsque nos peaux se goûtèrent : d'un toucher doré qu'elle m'avait leurré elle m'affligea d'une caresse criarde et sévère.

Esquivant sa cuisse, je laissais à cette salace aux sens déçus deux sous, et m'éloignai, désenchantée et amère.

 ***

Pour lire Naninax, rendez-vous sur  http://naninax.mabulle.com/

 Merci à toi, Naninax!
 

______________________

 
III. Poème
, par Sasha

Un poème touchant, glissant du "sens" à celui qui le porte, le "mot"; glissant d'une tendre mélancolie à un doux enthousiasme. On sent l'amour du mot, de part leurs jeux, leurs rimes, leurs métaphores... Texte investi comme une petite déclaration!
Bonne-lecture , et laissez-vous porter!

Rimmel 

De nulle part,
Des mots sont venus,
O, mots épars.
Conjuguer nos pensées absolues.
Combien de mots m’ont condamnée
Pour m’être de sens trompée !
Des mots scientifiques
Des mots politiques
Des mots historiques
Des mots engagés
Des mots filtrés
Des mots ne sont pas toujours que des mots.
Partant de divers lieux, pour affréter le même bateau !
Voyez comme ils sont beaux
Ces mots qui jouent, ces mots qui pleurent !
Des mots ne sont-ils jamais que des mots ?
Voyez comme ils se perdent dans le néant
Un peu comme le flot de mes larmes,
Qui terrent, qui se meurent.
Voyez comme ils sont légers comme le vent
Ces mots qui voyagent dans le temps
Ces mots dépendants,
Ces mots avenants,
Ces mots dérangeants !

 ***

Pour lire Sasha, rendez-vous sur http://sasha.mabulle.org/

 Merci à vous, Sasha!

 

______________________

 
IV. Son sucré
, par Lou18

Une définition comme un poème mignon tout plein, un jeu de comparaisons, de l'entrain, de l'imagination... et une pointe de délicieuse gourmandise!
Bonne lecture... et bon appétit!

Rimmel  

Comment est-ce arrivé? je ne saurais le dire...
Par une fenêtre ouverte tu est entrée...
Depuis on ne s'est plus quittés...
Tu es le chant des oiseaux en été...
Tu es le bruit du gâteau craquant...
Quand on t'entend on en a l'eau à la bouche.
C'est pourtant un péché si doux
Que celui de s'imaginer ton goût.

 ***

 Merci à toi, Lou18!

Pour lire Lou18, rendez-vous sur http://titeshistoires.mabulle.com/

 ______________________

 

V. Contre sens, par Benoty

Une nouvelle aux accents terriblement céliniens, le parti-pris de la totale oralité, d'une vie saisissante. Sur le vif, portraits et histoire avec paroles... J'ai été parfaitement bluffé par mon chéri, pour le coup (oui, c'est lui)!!!
Rimmel
  

 
-         « Putain ! On est où là ?! »
-         « Tiens t’es réveillé. 3 plombes que tu dors… »
-         « Et après ? ça me dit pas où on est ! »
-         « Tu me gonfles ! »
-         « Tu sais quoi ? Je crois que je vais me rendormir un peu. Ça m’évitera d’entendre tes conneries. »
-         « Tu sais ce qu’est un gros con ? »
-         « Je sens venir… »
-         « T’en prends tout droit la direction, alors ferme ta gueule et repose toi… t’en as besoin. »

José referma les yeux et se laissa partir. Son épaule lui faisait terriblement mal et il avait peu de foi dans le sens de l’orientation de Fernando mais pas vraiment le choix. Il avait l’impression de traverser cette immensité désertique depuis des jours, des mois, des années et cette putain d’épaule n’arrangeait pas les choses. Et pourquoi fallait il que cette route soit si droite ?… et l’ombre si rare.

« Hmmmmm !! »
-         « Ta gueule ! »
Poufiasse.
-      « Hmmmmmmmmm !!!! »
Et merde...
-          « …Je retiens le con qui a eu l’idée d’embarquer cette poufiasse avec nous ! C’est qu’un nid à emmerdes. Mets un coup de patin. Ça la calmera un moment. »
-         « Bien sur ! On pourrait aussi s’arrêter et la laisser pour morte sur le bord de la route. Elle nous sera super utile quand on rencontrera Sphynx, comme ça allongée au milieu du désert ou dans le camion du premier connard de routier qui passera. Tu veux prendre la direction des opérations José ? Un échange, sans monnaie d’échange. T’es un putain de génie José !! »
-         « Cette pute m’a planté. »
-         « Le viol n’était pas dans l’plan l’génie. »
-         « Tu me gonfles ! »
-         « Repose toi le génie. »

Ouais on va faire ça. Pas grand-chose d’autre à foutre pour le moment de toute façon. Puis c’était quoi le rapport entre le coup de patin et le fait de la laisser pour morte sur le bord de la route. Et le routier il sort d’où ? J’ai jamais parlé de la filer au premier routier qui passe. Puis tous les routiers sont pas des connards que je sache. Et merde, moi aussi je commence à penser comme un abruti.




-         « Ta gueule !! »
Hein ?! C’est quoi ça ! Fernan…Merde, merde, merde et merde !!!!! MERDE !!!!!! Ok, respire. Un truc:
-         « Qu’est ce que tu fous bordel ?!!! »
-         « Retourne dormir. J’en ai pas pour longtemps. »
Et merde… :
-         «  Et le plan ?! Merde ! »
-         « Elle a plus de couteau. Retourne dans la voiture. J’arrive. »

Merde.



« AHHHHHHHH !! Poufiasse !!!!!! »

        ...


-        
« On dirait qu’on en est au même point. »
-        
« Ta gueule ! »
-        
« Allons voir Sphynx. On a un échange à effectuer »
-        
« Ta gueule et prends le volant. »
-        
« Mon épaule… »
-        
« … Mes couilles !!!! »
-        
« Ça t’empêchera pas de conduire. »
-        
« T’as déjà eu les couilles version omelette ducon ?! »


« Mhhhhhhhhhhhhhhhh »
-        
« Ta gueule !! »
Vite fait, bien fait, c’est comme ça que j’aime à  régler mes affaires. Mais là ça commence à traîner un peu. Et traîner avec des cons  a fortement tendance à me rendre con. Va falloir faire passer ce con de latino en mode vite fait…vite fait sinon ça va me gonfler. Mais  qu’est ce qu ?….

        -         «  T’as pas l’impression de te planter de direction Fernando ? »
-        
«  Je croyais que t’étais déjà venu mon grand ? »
C’est pas bien de croire.
-         « Ouais, ouais. Putain de morphine, j’ai du mal à me repérer. »
-        
« Et si on s’la prenait à deux. »
-        
« Hein ? »
-        
« La pute ! »
-        
« Ah ! Ecoute, j’ai essayé, t’as essayé. Au bout d’un moment c’est ptet le signe qu’il faut la rendre intacte. »
-        
« Conneries ! »
Coupons court :
-         « Continue de rouler, je suis plus en état. »
-        
« Pédale ! »
C’était couru.
-         « T’es sur qu’on roule dans le bon sens ? j’ai vraiment l’impression d’être déjà passé par là… »
-        
« T’as passé les trois quarts du trajet à dormir l’génie. J’crois que tu ferais mieux de fermer ta gueule de junky. »

C’est pas bien de croire et je crois bien que les informations de la cellule sur la planque de Sphynx sont foireuses. Merde…

« Mhhhhhhhhhhhhhhhhh »

-         « TA GUEULE !!!!!!!!!! »


 ***

 Merci à toi, mon Amour!

 ______________________

 

VI. Sens dessus dessous, par Louise

Une très, très jolie nouvelle, qui nous rappelle avec tendresse ces moments de l'enfance qui nous narguent encore une fois "adulte et accompli". Un petit frisson de véridique. D'ailleurs, grâce à vous, Louise, je me lance: A*** "Holson" César-Choiral, si tu n'avais pas truqué les votes, c'est moi qui aurait été élue plus jolie élève de CM2. Voilà, c'est fait et ça fait du bien. Merci à vous, Louise!
Excellente lecture, je vous laisse découvrir ce texte plus que charmant, traitement de sujet extrêmement original!

Rimmel
 

 

La journée était dégagée, il y avait bien quelques nuages mais c'était le soleil qui dominait, il était environ quatorze trente, j'avais enfin terminé mon rôle de mère de famille, j'avais trois enfants de quatre ans à dix ans. Cet après-midi là ils étaient tous en classe, ce qui n'était pas souvent le cas, je gardais la plupart du temps Théophile le petit dernier, mais aujourd'hui je voulais vivre un peu pour moi et réaliser un de mes rêves.

Ma maison était propre, aspirateur, produits ménagers bien rangés, tarte aux pommes en attente d'être dévorée au retour de la classe, je me sentais enfin libre de vivre une aventure, celle de la découverte de mes dons manuels. J'avais pris tout ce qu'il fallait, des outils, une vieille blouse de mon mari et surtout cinq kilos de terre qui venait d'une carrière près de chez nous. Une fois dans la remise j'étais seule face à mon défi, récipient en fer plein à ras bord, journaux aux pages grandes ouvertes, tout semblait aller pour le mieux.

 
Je pris de la terre dans mes mains, je fus surprise de sa dureté, elle était pourtant restée sous un linge humide depuis un mois. Je fis une boule pour la tête puis je préparais les bras, les jambes et le buste de mon futur personnage, qui ne devait être rien d'autre qu'un ours pour mettre dans la chambre de mon petit dernier. Je l'avais vu cet ours dans un magasin, je l'avais trouvé si mignon que j'avais était prise d'une envie irrépressible de le reproduire mais entre rêve et réalité.

 
C'est vrai, dans les livres il semblait suffire de suivre les indications pour réussir mais voilà. La sculpture n'était pas de la cuisine, il ne suffisait pas de suivre la recette. Et les anges ne devaient pas être auprès de moi, ou peut-être que si...

 
Ma terre se collait si fortement à moi que dégager mes mains n'étaient pas chose aisée. Toutefois je voulais tant réussir que je m'accrochais. J'avais fait le buste de mon ours, honnêtement on aurait plus dit une montagne prête à glisser sur la route mais bon ce n'était pas la mort, je m'accrochais encore. Je mis ma boule qui devait faire office de tête, avec application puis je fis deux yeux, une truffe, et une gueule, vous imaginez le tableau...

 
Je préserverais malgré le temps qui filait, vite, très vite, un bras, puis l'autre, une jambe puis l'autre et puis au bout d'un long moment je pris une terrible décision. Après une grande respiration et avec une détermination, je défis le tout. Devant moi sur l'établi, il ne restait plus qu'un amas de boue insolite, totalement étrange, je restais pétrifiée, attristée, prête à pleurer. J'avais même un peu froid, maintenant des frissons me traversaient tout le corps. La vue de cette chose si hideuse me bouleversait. La situation était grotesque, j'étais une femme accomplie, j'avais un mari, de beaux enfants, je m'occupais de personnes âgées bénévolement, jusqu'à présent je réussissais tout ce que j'entreprenais et aujourd'hui j'étais comme interdite, complètement sens dessus dessous. Une barrière de douleurs céda et je ne fus plus qu'un torrent de larmes. Un souvenir déchirant m'était revenu en mémoire.

 
Je n'avais que six ans quand ma grand-mère paternelle m'ordonna de réaliser un bouquet de fleurs, mais ma composition n'était autre qu'une sorte de feux d'artifices mouillés, je reçus alors une gifle magistrale, je ressentais encore la douleur sur ma joue et ma terrible humiliation.

 
Alors, il se passa un phénomène étrange cette terre à la couleur si particulière, un peu marron bleuâtre et un peu rougeoyante se mit à me parler, j'étais dans un grand recueillement, presque comme en prière. Elle me pénétra par sa texture, par sa beauté propre, par son toucher. Les yeux fermés, je me remis à l'ouvrage, et, je fis une découverte des plus insolites, la terre me conduisit non pas vers l'ours de mes rêves mais vers un bouquet de fleurs magnifique et gracieux. La terre avait un toucher violet, c'était magique, ce bouquet embauma toute la remise et je me vis triomphante remettre le bouquet de fleurs à ma grand-mère.

 

 ***

 Merci à vous, Louise!

 _____________

Pour lire Louise, rendez-vous sur: http://nouvelles.mabulle.com/

Vos commentaires

1 Le Samedi 10 Novembre 2007 à 14:15 GMT+2, par Rimmel

A ce propos, Hauteclaire, Merci à vous et... pourriez-vous donner un titre à votre nouvelle?
Avec toute mon amitié,
Vanessa

2 Le Dimanche 11 Novembre 2007 à 07:54 GMT+2, par hauteclaire

Merci Vanessa de cette édition ultra rapide! Je le dis toujours, ça fait de l'effet de se voir publié ailleurs que chez soi. Un titre, j'avoue ne pas y avoir pensé. Arborescense me parait indiqué, lol. Pour la petite histoire, le manoir décrit existe réellement, et il y a bien une légende de chasse fantôme à son sujet. Je n'y suis jamais entrée, mais ai vu sa façade très souvent.
J'espère que d'autres mabulliens vont se joindre rapidement à nous!
Amitiés

3 Le Dimanche 11 Novembre 2007 à 13:26 GMT+2, par Rimmel

Tout d'abord, merci à vous pour cette participation ultra-rapide! Alors c'est parti pour Arborescence... convaincue, car joliement fin! J'espère aussi recevoir autant de textes que prévu... Amitiés, Rimmel

4 Le Mardi 13 Novembre 2007 à 19:50 GMT+2, par Naninax

Merci Vanessa ! Pour ton assiduité et ta rapidité, et également pour ton introduction... Quant à ton sentimment de chute balzacienne : très touchant !
Je suis impatiente de découvrir d'autres auteurs... alors à vos plumes !

5 Le Mardi 13 Novembre 2007 à 21:53 GMT+2, par Rimmel

Merci à toi de ta participation Naninax! A très vite! Rimmel

6 Le Mercredi 14 Novembre 2007 à 00:17 GMT+2, par hauteclaire

Bpnsoir,
Beau texte Naninax, parlant comme une peinture, si j'ose cette métaphore de circonstance ici.
J'espère que nous serons vite rejointes par de nouveaux-lles auteurs!
Amitiés

7 Le Jeudi 15 Novembre 2007 à 22:27 GMT+2, par lou18

haurte clair ta nouvelle m'a énormément plu!! j'ai beaucoup rit en la lisant car j'ai egalement un sens de l'orientation ignoble ( comme mon orthographe d'ailleurs...)

8 Le Jeudi 15 Novembre 2007 à 22:34 GMT+2, par lou18

pour le poème de poème de sasha il me touche beaucoup, il est très beau, c'est jouer très joliment avec des mots et j'avoue que parfois on ressent, on vit enfin je ne sais pas comment le dire mais ce texte décrit quelque chose qui ne m'ai pas inconu lors de mes haures d'ecriture...

9 Le Vendredi 16 Novembre 2007 à 07:08 GMT+2, par hauteclaire

Quels jolis poèmes sont les vôtres, Sasha et Lou! Vous avez superbement relevé le défi de Rimmel.
Y aura t-il d'autres Mabulliens? Je le souhaite de tout coeur.
Amitiés

10 Le Dimanche 18 Novembre 2007 à 14:44 GMT+2, par Rimmel

J'espère moi aussi que nous serons plus nombreux encore... Amitiés, Rimmel

11 Le Lundi 26 Novembre 2007 à 08:23 GMT+2, par hauteclaire

Violent et cru ce dernier texte, très actuel et saisissant.
Par contre un problème de programmation?
Amitiés

12 Le Lundi 26 Novembre 2007 à 12:13 GMT+2, par Rimmel

Bonjour Hauteclaire! Effectivement, l'écriture de Ben m'a laissée pantoise... En revanche, quel est ce problème de programmation?! La tête dans ma bulle, je finis par ne plus y voir grand'chose! Amitiés, Rimmel

13 Le Dimanche 2 Decembre 2007 à 08:23 GMT+2, par hauteclaire

Bonjour Rimmel, et un grand bravo à vous Louise, pour cette nouvelle douce amère. Nos souvenirs d'enfance, et souvent leurs injustices, nous poursuivent. Vous venez de nous montrer la voie pour leur tordre le cou!
Amitiés

14 Le Lundi 3 Decembre 2007 à 13:47 GMT+2, par lou18

pas mal ces deux dernier texte d'un style totalement différent ils m'ont tous les deux prises à leurs jeu du début à la fin.
je rencontre ici aussi le même problème que hauteclaire dans l'avant dernier texte ce soucis ne concerne t il que nous?

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Vous pouvez faire référence à votre publication en utilisant ce rétrolien

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 3 + 4 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://lireplus.mabulle.comVoir des blogs de la thématique: Lecture, poésie et littérature érotique