La Littérature au coeur

Eugène Ionesco - Le roi se meurt

 

L'auteur en préambule:

IonescoAprès une enfance passée à Paris, Eugène Ionesco rejoint son père à Bucarest lors du divorce de ses parents. Dès 1930, il entame une longue collaboration avec la revue de critique littéraire Zodiac. En 1938, il fuit la Roumanie devant la montée du fascisme, contre lequel il se battra toute sa vie. A Lyon, il fréquente l'avant-garde intellectuelle et artistique auprès de laquelle il développe son esprit libre et son don pour la provocation. Sa première pièce 'La cantatrice chauve', rendue publique en 1950, ne reçoit qu'un accueil froid mais marque la naissance d'un nouveau théâtre. Dès 1952, il publie chaque année de nouvelles pièces et acquiert finalement une renommée internationale et officielle. Il entre en effet à l'Académie française en 1970 puis est nommé Officier de la Légion d'Honneur en 1984. Avec Samuel Beckett, il a écrit les plus grandes pièces du théâtre absurde, mêlant comique et désespoir. Car si ses pièces font rire, c'est pour libérer l'homme de sa solitude indépassable et du ridicule de sa condition d'humain.

                                                                                                                                                                                                   Source: Evene.fr

 

Coups de coeur littéraires

 

 

Eugène Ionesco - Le roi se meurt

coll. Nouveaux classiques, éd. Larousse, Paris 1968.

Le roi se meurtLe roi Beranger Ier va mourir. Pas dans dix ans, pas dan un siècle comme il l'éspère, mais à la fin de la pièce. C'est à son agonie que l'on assistera, comme la reine Marguerite, sa première épouse, la reine Marie, sa seconde femme « mais première dans son coeur », Juliette, femme de ménage et infirmière, un médecin astrologue et un garde.

Une pièce à la fois huis clos et compte à rebours.

Une pièce à la fois effrayante -Beranger peut bien être chacun de nous- par le face à face qu'elle induit avec la mort, et d'une poésie extrème. Ionesco fait montre ici d'une vraie sensibilité: le déroulement inexorable des évènements s'y pare d'une beauté tragique.

Une lecture magnifique.

 

 

Excellent

 


« LE ROI

Le peuple est-il au courant? L'avez-vous averti? Je veux que tout le monde sache que le Roi va mourir. (Il se précipite vers la fenêtre, l'ouvre dans un grand effort car il boite un peu plus) Braves gens, je vais mourir. Ecoutez-moi, votre Roi va mourir.

MARGUERITE, au Médecin.

Il ne faut pas qu'on l'entende. Empêchez-le de crier.

LE ROI

Ne touchez pas au Roi. Je veux que tout le monde sache que je vais mourir.

Il crie.

LE MÉDECIN

C'est un scandale.

LE ROI

Peuple, je dois mourir.

MARGUERITE

Ce n'est plus un roi, c'est un porc qu'on égorge.

MARIE

Ce n'est qu'un roi, ce n'est qu'un homme.

[...]

LE ROI, quittant la fenêtre.

Ce n'est pas possible. (Revenant à la fenêtre.) J'ai peur. Ce n'est pas possible.

MARGUERITE

Il s'imagine qu'il est le premier à mourir.

MARIE

Tout le monde est le premier à mourir. »

 

                                                                                                   Bonne lecture!

 

 

 

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Vos commentaires

1 Le Dimanche 2 Septembre 2007 à 00:29 GMT+2, par hauteclaire

Bonsoir Rimmel. Votre évocation de ce très beau texte, grinçant et mélancolique, me rappele un ouvrage du même auteur, peut-être moins connu, le bouleversante "solitaire", lu il y a déjà longtemps, et resté très vif dans ma mémoire. L'idée de la mort et de la vacuité de le vie n'y est pas abordée de la même façon par Ionesco, et une certaine illumination vient éclairer brièvement le personnage, absente chez le roi. Je ne peux m'empêcher de "dériver"sur "en attendant Godot" et "la bête dans la jungle", quatre aspects du même vide. Votre avis?
Amitiés

2 Le Mardi 11 Septembre 2007 à 07:17 GMT+2, par Nadj

Je ne connais pas encore cette pièce mais elle m'évoque le Macbett d'Ionesco aussi, où à l'inverse les souverains se sentent infaillibles et immortels se font détrôner...
Je peux faire un peu de pub? Si ça te dérange enlève cette partie du comm ;)
Si vous êtes sur Lille le weekend du 22, la Troupe (amateur) du Réverbère joue donc Macbett d'Ionesco à la salle Bercker de Mouvaux, le 22 septembre à 20h30 et le 23 à 15h. Plus d'infos sur notre myspace www.myspace.com/theatre_d...
Bonne lecture et/ou bonnes plaches!

3 Le Jeudi 17 Avril 2008 à 19:45 GMT+2, par 25

baaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah

4 Le Mardi 22 Avril 2008 à 15:10 GMT+2, par charlotte

Bonjour , il y a un ectrait qui m'a particulierement emu dans le Roi se meurt : la tirade ou le roi parle de son chat . J'aurais aimé savoir si des personnes ont deja fait un commentaire dessus pour qu'ils puissent me faire part de ce qu'ils y ont appris . Ainsi que leur impressions . Merci .

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